Récolte et séchage du pollen

 

Description des différents facteurs

 

Le pollen est un produit qui peut subir une dégradation par l'action de différents facteurs, quand les condi­tions leur sont favorables: fermenta­tions lorsqu'il y a contamination et trop d'humidité; attaque par des rongeurs, des charançons, des mites... si l'on leur permet l'accès ; formation de grumeaux pollen poudre, si l'humidité est en ex­cès...

Pour éviter ces situations, il faut agir

à différents niveaux

sur le piège récolteur de pollen; sur la manipulation du produit avant le séchage ; pendant le séchage;

- lors de la conservation.

1 - Piège récolteur de pollen

Le piège récolteur de pollen, d'usage général en Algérie, est un artefact qui se place devant l'entrée des ruches et qui dirige les abeilles de retour vers une grille collectrice. Celle-ci est constituée par une planche verticale en matière plastique, poinçonnée de trous de 4 à 5 mm, à travers lesquels doivent passer les abeilles afin de parvenir au trou de vol. Lors de leur passage par les orifices, tous les grains de pollen portés par les abeilles tombent à travers un grillage métallique qui empêche leur passage (3 à 3,5 mm) dans un tiroir.

Il existe beaucoup de variations pour ces pièges récolteurs qui correspondent schématiquement à:

 

1.1 - Emplacement

Inférieur ou supérieur. Les pièges à pollen inférieurs sont générateurs de plus de problèmes d'humidité, de plus

récollectrice. Il faut donc permettre le passage à ceux qui naissent dans la ruche, afin d'éviter qu'ils ne se groupent sur la partie postérieure du grillage, ce qui serait nuisible à la libre circulation des abeilles, pouvant aller jusqu'à l'as­phyxie de la colonie par le manque d'aération.

Moyennant un petit entonnoir en matière plastique opaque, qui permet la sortie mais non l'entrée, ou bien un morceau de tuyau en matière plastique transparent d'à peu près 4 à 6 cm de longueur, on peut permettre la sortie. Récemment, on trouve dans le com­merce des pièges avec d'autres disposi­tifs de sortie.

Ce mécanisme n'a aucune influence sur la capacité récollectrice de la colo­nie sur la qualité, sa présence est néces­saire.

 

2 - Manipulation du produit avant le séchage

Le pollen ramassé par la colonie doit être prélevé aussitôt que possible dans les tiroirs collecteurs, pour le protéger des températures et des humidités extrêmes qui le dégradent rapidement.

Si le climat est sec et le contenu du tiroir collecteur hors del'action directe du soleil et aéré, la cueillette peut être retardée de deux jours.

La méthode de récollection est très importante. Le contenu des tiroirs doit être versé dans un récipient récollecteur qui doit réunir les caractéristiques suivantes

- nettoyage et désinfection faciles afin de ne pas accumuler les risques de contamination;

- empilable afin de rendre plus fa­cile l'emmagasinement et le transport. (nous proposons la forme carrée et les mesures adéquates à la méthode em­ployée par le récollecteur) ;

- une profondeur inférieure à 20 centimètres, dans le but d'éviter la formation des grumeaux de séchage qui sont des noyaux de fermentation.

Le pollen doit être transporté aussi­tôt que possible à l'étuve de séchage où il est distribué sur des plateaux avec une grille en matière plastique dans le fond. Les couches inférieures à 2 cm d'épaisseur sont soumises à l'air chaud pour éliminer l'excès d'humidité qui rend impossible la conservation.

Certains apiculteurs réalisent un préséchage en étalant les plateaux dans les entrepôts, de 24 à 48 heures avant de les introduire dans l'étuve. Cette manière de faire a le grave inconvénient de permettre le développement de micro­organismes, donnant lieu à des proces­sus indésirables sur le pollen humide. La perte en qualité du produit n'est pas justifiée par le fait d'économiser une petite quantité de combustible. Les échantillons ayant subit un préséchage présentent une contamination par cham­pignons deux fois plus importante que ceux séchés correctement, ce qui les place au même niveau que ceux séchés directement au soleil (Serra et Lopez, 1985).

 

d'attaques de rongeurs ou d'autres in­sectes... si l'on n'a pas pris les précau­tions nécessaires.

Le pollen est pollué beaucoup plus facilement par tous les résidus de la ruche (restes d'abeilles, larves attaquées de mycoses...) si le piège ne dispose pas d'une zone de nettoyage entre la boîte et le trou de vol (fig. 1).

Par contre, ils sont faciles à installer, et ils ne changent pas l'emplacement de l'entrée des abeilles dans la ruche.

Les pièges à pollen supérieurs protè­gent plus le pollen de l'humidité et des attaques des rongeurs, insectes, pol­luants de détritus... mais ils obligent les abeilles à entrer dans la ruche par un endroit qui n'est pas habituel, ce qui peut produire, si le maniement n'est pas adéquat, des problèmes d'organi­sation des colonies et de la ruche.

 

1.2 - Piège récolteur de pollen

La boîte récollectrice de pollen peut être en bois, en bois avec grille métalli­que, ou bien une planche galvanisée et poinçonnée.

Ceux qui sont construits partielle­ment ou totalement avec planche métallique poinçonnée ou bien grille métallique, permettent une meilleure aération du pollen, ce qui diminue l'influence négative de l'humidité.

On doit tenir compte, spécialement pour la boîte, de la matière utilisée pour la construction. Elle doit pouvoir être inaltérable (paraffinée pour le bois, en métal inoxydable ou en matière plas­tique...).

 

1.3 - Grille récollectrice

La grille récollectrice est, en général, en matière plastique, plus ou moins épaisse (de moins d'un millimètre à quatre millimètres) poinçonnée par des trous de 4 à 5 mm. Il existe dans le commerce des pièges à pollen avec des grilles récollectrices en grillage métal­lique carré, dont le rendement est très faible: une planche métallique galva­nisée dont les bords des trous, cou­pants, nuisent aux abeilles et qui amè­nent le salissement du pollen par des ailes, des pattes... ; des grilles récollec­trices en matière plastique avec des rainures sur la moitié inférieure des orifices, théoriquement pour faciliter le passage des abeilles, mais qui retien­nent les pattes qui sont arrachées par les mouvements des abeilles pour se libérer et qui tombent, alors, dans le tiroir collecteur.

1.4 - Sortie des faux bourdons

Les faux bourdons sont incapables de traverser les perforations de la grille

 

 

I Humidité, impureté, prédateurs, sont les ennemis du pollen qui peu­vent le rendre impropre à la consommation, donc à la vente.

Des précautions, et des soins du séchage et de l'entreposage vous éviteront bien des déboires.

Le séchage du pollen doit avoir lieu immédiatement après la récolte. Pour l'effectuer, on utilise normalement des générateurs de chaleur industriels, de gas-oil, de bois, etc., avec une sortie de gaz de combustion indépendante de puissance et caractéristiques variables. L'objectif est de produire un courant d'air sec et chaud (la température ne doit pas être supérieure à 40 °C) qui élimine l'excès d'humidité du pollen.

Les différents modèles utilisés cou­ramment sont capables dessécher 150 kg de pollen en 3 heures et demie.

On fait passer l'air chaud par l'inté­rieur d'une armoire, en général de planche galvanisée ou en maçonnerie ; elle peut être aussi en aggloméré ou tablez anti-humidité. On y distribue les plateaux de séchage, avec une couche pollen inférieure aux 2 cm. Les pla­teaux sont espacés de l0 cm et disposés

de façon à permettre le passage de l'air dans un sens en dessous et dans l'autre en dessus (voir fig. 2).

A titre indicatif, un générateur des caractéristiques décrites plus haut a besoin de 20 m'- de plateaux, c'est-à­dire une armoire avec 10 étages de 2 x I m.

Certains apiculteurs réalisent encore le séchage au soleil et dans ce but ils disposent le pollen sur des plateaux au fond en tablez, en des coudres de re­coins d'un centimètre d'épaisseur qu'ils réunissent périodiquement. Ce genre de séchage suppose entreposer le pollen le soir et le réexposer au soleil le jour suivant, pendant au moins 1 jour si les conditions atmosphériques sont adé­quates et ne posent pas de problèmes.

En manipulant davantage le pollen. on détruit les agrégats polliniques, on augmente la quantité de pollen poudre et, par là, les risques de contamination et de fermentation. Les pollens séchés au soleil présentent deux fois plus de contamination que ceux séchés à l'étuve (Serra et Lopez, 1986).

 

Le risque augmente aussi à cause de la longue exposition au grand air.

 

Le rayonnement solaire dégrade la couleur et altère le pollen.

Le temps de manipulation augmente.

La dernière phase du séchage est, toujours, un refroidissement du pollen à la température ambiante (15 minutes d'aération, sans chauffage. dans le cas du générateur décrit) pour éviter la ré­humidification du produit

 

La conservation du pollen sec se dé­compose en deux phases

 

4.1. Nettoyage

Dans une première phase, on trans­vase le pollen d'un récipient surélevé dans les plateaux_ ou les bidons d'en­treposage, en le taisant traverser par un courant d'air produit par un venti­lateur du genre domestique. L'air em­porte les impuretés moins lourdes que le pollen (pattes, ailes, résidus d'abeilles. brins d'herbe, poussière, pollen-poudre qui se détachent des agrégats pollini­ques lors de la manipulation.

Les apiculteurs les plus soigneux réalisent encore un deuxième nettoyage avec des cribles de 3 mm pour séparer les impuretés plus grandes (grumaux de pollen, pollen « poudre », larves d'abeilles atteintes de mycoses, frag­ments d'abeilles, etc).

D'autres éliminent les impuretés en une seule opération, en filtrant le pollen sec sur un crible de riz qui laisse passer le pollen-poudre et rend visible le reste des impuretés qui s'éliminent manuel­lement.

Si un lot doit être expédié immédia­tement, on peut l'entreposer dans des bidons en carton avec le sac plastique à l'intérieur, d'une capacité de 50 kg de pollen. Dans le cas contraire, il reste dans le bidon métallique jusqu'à la date de vente ou de distribution en bidons de 50 kg.

Pour obtenir les meilleures condi­tions d'entreposage, il faut:

éviter l'exposition aux tempéra­tures élevées

- une ambiance sèche ;

un emplacement propre, sans ron­geurs, insectes ou autres prédateurs de pollen

Ne pas réaliser ce nettoyage a une influence négative, néfaste pour la con­servation du pollen

Si l'on n'élimine pas le pollen-poudre la surface de contact entre les polluants et le produit augmente, de même le temps d'exposition polluant-produit (larves atteintes de mycoses, terre, etc. ).

4.2. Entreposage

l'ne fois le pollen nettoyé, on l'en­trepose, généralement dans les mêmes récipients qui servent pour le miel (mé­talliques de 200 1) qui ont une capacité de 150 kg de produit. On place d'abord un sac en matière plastique épaisse (0,1 mm). de la même taille que le bidon qui est ensuite fermé hermétiquement avec un joint en caoutchouc ou en mèche.

On peut aussi utiliser des fumigants pour la conservation (Serra et (iomer. 1986).